Histoire de 'Hanouccah
C'était il y a plus de 2 000 ans, quand le pays d'Israël faisait partie de l'Empire syrien où régnait la dynastie des Séleucides.

Pour conter les événements qui conduisirent à l'histoire de 'Hanouccah, commençons Par Antiochus III, roi de Syrie (il régna de 3538 à 3574). Il avait fait la guerre au roi Ptolemée d'Egypte pour conquérir le Pays dIsraël. Antiochus fut vainqueur et le Pays d'Israël fut annexé à son empire. Au début de son règne, il était bien intentionné envers les Juifs et leur accorda quelques privilèges. Plus tard, battu par les Romains et forcé de payer de lourdes réparations, ce furent les différentes nations de son empire qui durent se charger de fournir les lingots d'or que les Romains lui demandèrent. A la mort d'Antiochus, son fils, Séleucus IV, lui succéda. Celui-ci était plus sévère pour les Juifs et les opprima davantage.

Aux difficultés venant de l'extérieur, s'ajoutèrent au sein du Judaïsme de graves et menaçants dangers. L'influence des Pro-Hellénistes (une partie de la population juive qui acceptait l'idôlatrie et le mode de vie syrien) allait en augmentant. Johanan, le grand prêtre, prévoyait le danger qui menaçait le Judaïsme par la pénétration en Palestine de l'influence syrienne. Car, contrairement à l'idéal de la beauté extérieure, idôlatré par les Syriens, le Judaïsme mettait en avant l'idéal de la vérité et de la pureté morale, comme ordonné par Dieu dans la Sainte Torah. Le peuple juif ne pouvait pas abandonner sa foi en Dieu et accepter le paganisme des Syriens et des Grecs. Par conséquent, Johanan s'opposa à toute tentative de la part des ProHellénistes juifs d'introduire des coutumes grecques et syriennes en Palestine. Les Pro-Hellénistes le haïssaient. Un de ceuxci raconta au gouverneur général que, dans la trésorerie du temple, il y avait une immense fortune.

La richesse de la trésorerie provenait des pièces de miL sicle que tous les Juifs adultes versaient annuellement. Cet argent était destiné àpayer les sacrifices exécutés sur l'autel et aussi à renforcer et améliorer la construction du Temple. Une autre source de revenus était constituée par les fonds d'orphelins déposés dans la trésorerie du Temple jusqu'à ce que les enfants devinssent majeurs. Séleucus avait besoin de l'argent pour payer des impôts aux Romains. Il envoya son ministre, Helyodros, pour prendre de l'argent dans la caisse du Temple. En vain Johanan le pria de ne pas le faire. Helyodros ne voulut pas écouter et entra par le portail du Temple, quand subitement il devint pâle de peur, s'évanouit et s'affaissa. Après être revenu à lui, il n'osa plus entrer dans le Temple.

Le Fou
Quelque temps plus tard, Seleucus fut tué et son frère, Antiochus IV monta sur le trône de Syrie (en 3586). C'était un tyran de caractère imprudent et emporté, mépri sant la religion et les sentiments des autres. On l'appela « Epiphanes » (celui qui est aimé des dieux). Quelques uns des gouverneurs syriens portaient des titres analogues. Cependant, un historien syrien de cette époque, Polebius, lui donna l'épithète « Epimanes » (« le fou »), plus appropriée au caractère de ce roi dur et cruel.

Désirant l'unification de son royaume au moyen d'une religion et d'une culture commune, Antiochus essaya de déraciner l'individualisme des Juifs, en interdisant toutes les coutumes juives. Il congédia du Temple de Jérusalem le grand prêtre Johanan, homme orthodoxe et juste, et mit à sa place son frère, Yochoua, qui aimait se faire appeler du nom grec Jason, car il faisait partie des pro-Hellénistes. Il exploitait sa haute charge pour répandre de plus en plus parmi les prêtres les moeurs grecques.

Yochoua ou Jason fut remplacé plus tard par un autre homme, Menelaos, qui avait promis au roi de faire rentrer dans les caisses de l'Etat plus d'argent que Jason. Lorsque Johanan, le grand prêtre, protesta contre l'influence hellénique qui gagnait du terrain dans le Temple Saint, le grand prêtre en fonction loua des meurtriers qui l'assassinèrent.

A cette époque-là, Antiochus guerroyait avec succès contre l'Egypte. Mais des messagers venant de Rome lui ordonnèrent d'arrêter la guerre. Il fut obligé de se soumettre et de cesser les combats. Entre temps, une rumeur publique courait à Jérusalem, à savoir qu'Antiochus avait eu un grave accident. Pensant qu'il était mort, le peuple se révolta contre Menelaos, et celui-ci, traîteusement, s'enfuit avec ses amis.

Les Martyrs
Antiochus revint d'Egypte furieux parce que les Romains avaient mis un obstacle à ses plans ambitieux. Lorsqu'il fut informé des événements qui avaient eu lieu à Jérusalem, il donna l'ordre à son armée d'attaquer les Juifs. Des milliers d'entre eux furent tués. Antiochus promulgua toute une série de lois sévères à l'égard des Juifs : le culte juif fut interdit, les rouleaux de la Torah furent confisqués et brûlés, le repos de Sabbat, la circoncision ainsi que les lois juives concernant la nourriture furent interdites sous peine de mort. Les serviteurs d'Antiochus enjoignirent même à un vieillard de quatre-vingtdix ans, Rabbi Eliezer, homme respectable et respecté, de manger du porc pour donner un exemple aux autres. Mais Rabbi Eliezer refusa même de feindre de manger la viande en l'approchant de ses lèvres.

Il se laissa exécuter plutôt que d'enfreindre les commandements de la Torah. Des milliers d'autres sacrifièrent leur vie comme lui. L'histoire bien connue de 'Hannah et de ses sept enfants se produisit à cette époque.

Les soldats d'Antiochus allaient de ville en ville et de village en village pour forcer les habitants à vénérer les faux dieux. Il resta seulement un unique secteur de refuge : c'étaient les collines de Juda avec leurs cavernes. Mais les Syriens poursuivaient les Juifs même jusque dans les montagnes et beaucoup moururent en martyrs.

Mattathias
Un jour, les massacreurs au service d'Antiochus arrivèrent dans le village de Modine où habitaient Mattathias, le vieux prêtre. Lorsque les officiers syriens bâtirent un autel sur la place du marché de la ville et demandèrent à Mattathias d'offrir des sacrifices aux dieux grecs, celuici répondit : « Mes f ils, mes frères et moi-même, nous sommes décidés à rester fidèles à l'alliance que notre Dieu a conclue avec nos ancêtres ».

Sur ces entrefaites, un Juif pro-helléniste s'approcha de l'autel pour sacrifier. Mattathias, saisissant son épée, le tua sur place. Ses fils et ses amis se ruèrent alors sur les officiers syriens dont beaucoup furent mis !à mort. Le reste ayant pris la fuite, les Juifs démolirent l'autel.

Mattathias savait qu'Antiochus serait fou de colère lorsqu'il serait informé de ce qui s'était passé. Il s'attendait bien à ce que le roi envoyât un corps expéditionnaire pour le punir ainsi que ses compagnons. Il décida donc de quitter le village de Modine et de s'enfuir avec ses fils et ses amis dans les montagnes de Juda.

Tous les Juifs loyaux et courageux le rejoignirent. Ils mirent sur pied des légions et de temps en temps ils quittaient leur cachot pour attaquer des groupes et des postes avancés et détruire les autels païens qui avaient été construits sur l'ordre du roi Antiochus.

La consécration
Les Macchabées retournèrent ensuite à Jérusalem et libérèrent la ville. Ils nettoyèrent le Temple des faux dieux que les vandales de Syriens y avaient érigés. Juda et ses compagnons bâtirent un nouvel autel et le consacrèrent le 25 du mois de Kislev, en l'an 3622,

La Ménorah (candélabre) d'or ayant été volée par les Syriens, les Macchabées en firent une autre en métal moins précieux. Lorsqu'ils voulurent l'allumer, ils ne trouvèrent qu'un petit pot d'huile d'olive, portant le cachet du grand prêtre Johanan. Cette quantité d'huile ne pourrait suffire que pour entretenir la flamme une journée. Mais par un miracle de Dieu, la lumière brûla huit jours, le temps de se procurer de la nouvelle huile. Ce miracle était une preuve que Dieu avait décidé de protéger à nouveau son peuple. Pour commémorer cet événement miraculeux, nos Sages fixèrent huit jours par an de fête de reconnaissance et de lumières.