L'obligation
1. Les hommes et les femmes sont, au même titre, tenus d'allumer les bougies du Shabbat.
2. Les hommes et les femmes célibataires doivent le faire dans leur propre maison.
3. Pour un couple marié, en revanche, nos Sages ont plus spécifiquement confié cette Mitsvah à la femme. En effet, celle-ci se trouve plus souvent à la maison et elle est chargée de satisfaire aux besoins du foyer. En allumant les bougies, elle acquitte donc de leur obligation de le faire son mari et les membres de sa famille, c'est-à-dire tous ceux qui s'en remettent à elle pour leurs besoins familiaux ou encore consomment la nourriture qu'elle prépare.
Etant la maîtresse de maison, la femme joue un rôle central, au sein de la cellule familiale, dont elle contrôle l'évolution. C'est la raison pour laquelle l'allumage des bougies lui a été confié.
4. La femme doit allumer les bougies sur la table à laquelle est pris le Shabbat. Il est bon que le mari prépare ces bougies et allume la lumière dans les autres pièces qui seront utilisées pendant le Shabbat.
5. Les petites filles, dès lors qu'elles savent parler, doivent être habituées à allumer les bougies du Shabbat aura le mérite d'épouser un érudit de la Thora. On consultera, à ce propos, le chapitre 7.
6. Si, pour une quelconque raison, une femme mariée n'allume pas les bougies, son mari devra le faire. Si les parents ne le font pas et qu'il y a, à la maison, un garçon de plus de treize ans ou une fille de plus de douze ans, ces derniers devront les allumer.
7. Si la femme ne passe pas le Shabbat chez elle, elle allumera les bougies, là où elle se trouve et son mari devra le faire également, dans leur maison. Si les parents ne passent pas le Shabbat chez eux et qu'il s'y trouve une fille de plus de douze ans, celle-ci les allumera. Si elle a moins de douze ans et qu'un garçon a plus de treize ans, ce dernier les allumera.
En tout état de cause, les petites filles allumeront une bougie, pour parfaire leur éducation juive. On consultera, à ce propos, le chapitre 5.

Les invités
Comme on l'a dit au paragraphe 3, l'allumage des bougies, par la maîtresse de maison, est effectué pour le compte de tous les membres de la famille. De façon générale, ce vocable, pris ici au sens large, intègre également les invités passant le Shabbat à la maison. Ceux-ci sont tenus d'allumer leurs propores bougies uniquement si une pièce ou un appartement sont mis à leur disposition exclusive. La maître de maison, en pareil cas, n'a pas d'obligation d'allumer les bougies, dans cet endroit et ce rôle incombe donc à l'invité.
Une pièce mise à la disposition des invités acquiert ainsi un statut indépendant. De façon générale, ceux qui passent le Shabbat à la maison se trouvent dans une chambre d'invités, laquelle est, en fait, une chambre à coucher. Ils n'ont donc pas d'obligation d'y allumer la lumière, comme on l'a vu au paragraphe 3 du chapitre 2, puisque celle-ci gênerait leur sommeil. L'allumage de la maîtresse de maison concerne donc également les invités.
Toutefois, si ces invités ne sont pas dérangés par la lumière pour dormir, on peut considérer que la chambre dans laquelle ils séjournent est indépendant. Dès lors, ils peuvent y allumer les lumières du Shabbat, s'ils le désirent.
Si un appartement séparé est mis à la disposition exclusive des invités, il est clair que celui-ci doit être considéré comme indépendant. En pareil cas, l'obligation d'allumer les bougies du Shabbat incombe aux invités.
En se basant sur ce qui vient d'être dit, on peut introduire une distinction entre un invité qui prendra uniquement le repas du vendredi soir dans cette maison et celui qui y passe la totalité du Shabbat.
8. Un invité qui prend, dans la maison, uniquement le repas du vendredi soir, puis rentre ensuite chez lui devra allumer les bougies du Shabbat dans sa propre maison. Il ne pourra pas le faire avant le Plag Hamin'ha, qui sera défini au paragraphe 13 du chapitre 4. Il devra, en outre, utiliser des bougies suffisamment longues pour qu'elles brûlent encore, lorsqu'il rentrera à la maison.
Cet invité peut aussi rester chez lui jusqu'à la tombée de la nuit, afin de profiter des lumières qu'il a allumées et se rendre ensuite là où il est invité à dîner.
Si le fait de partir en laissant les bougies allumées fait courir le risque d'un incendie, ou bien si l'invité doit quitter sa propre maison avant le Plah Hamin'ha, il laissera une lumière électrique allumée, afin de pouvoir disposer de sa lumière au retour.
Lorsque cet invité arrive chez son hôte, il n'a, de fait, aucune obligation d'allumer des bougies, puisqu'il est alors considéré comme un membre de la famille. Néanmoins, s'il souhaite le faire, il les allumera, selon certains Décisioonaires, dans une autre pièce que la maîtresse de maison, par exemple à la cuisine. Pour d'autres Décisionnaires, en revanche, deux femmes peuvent allumer des bougies à la même table.
9. Un invité qui passe le Shabbat à la maison et reçoit une pièce séparée, selon la définition précédemment donnée, ou encore un appartement pour lui seul, devra y allumer les bougies, en récitant la bénédiction. Ce principe s'applique également à un homme marié, qui se trouve seul et dont l'épouse allume les bougies dans sa maison.
10. Des invités passant le Shabbat à la maison, mais ne disposant pas d'une pièce indépendante ou d'un appartement qui leur soit réservé et séjournent uniquement dans une chambre d'invités, n'ont pas d'obligation d'allumer les bougies.
Si la femme invitée le désire, elle pourra allumer les bougies dans sa chambre, à condition que la lumière ne gène pas son sommeil, ou bien dans une pièce différente de celle où se trouvent les bougies de la maîtresse de maison, par exemple à la cuisine. Comme nous le faisions remarquer plus haut, certains Décisionnaires permettent que deux femmes allument des bougies à la même table.
En tout état de cause, une lumière restera allumée dans le couloir conduisant vers la chambre à coucher, de sorte que l'invité puisse voir, dans sa chambre, lorsque la porte est ouverte.
11. Un invité qui ne reçoit pas une pièce indépendante, mais consomme sa propre nourriture doit participer à l'achat des bougies de la maîtresse de maison, s'associant ainsi à son propre allumage.
De même, la maîtresse de maison peut offrir à l'invité une partie de ses bougies.
Note: Dans tous les cas qui viennent d'être mentionnés, les bougies du Chabbat doivent appartenir à la personne qui les allume. En conséquence, un invité allumant des bougies qui sont à la maîtresse de maison, doit, au préalable, les acquérir.
De plus, deux femmes ne peuvent pas utiliser le même can¬délabre, même si celui-ci a de nombreuses branches

A l'hôtel
12. Dans un hôtel dont tous les résidents prennent leur repas en commun, dans une même salle, une personne y allumera les bougies et toutes les autres le feront dans leur chambre. Si cela risque de provoquer un incendie, tous pourront allumer dans la salle où sont pris les repas et réciter une bénédiction. Ils le feront sur la table à laquelle ils prennent leur repas ou bien à proximité de celle-ci.
13. Dans un hôtel dont les résidents prennent leur repas à l'extérieur, on se référera au paragraphe 8, ci-dessus. S'ils prennent leur repas dans leur chambre, ils allumeront les bougies dans celle-ci.
Si plusieurs hommes partagent une même chambre d'hôtel, l'un d'entre eux allumera des bougies que tous auront contribué à acheter.

A l'hopital
13. Une femme hospitalisée allumera les bougies près de son lit, si l'hôpital le permet. Il faudra s'assurer que personne ne les déplace, après qu'elles aient été allumées, sauf en cas de nécessité.
Certains hôpitaux , néanmoins, ne permettent pas l'usage de bougies dans les chambres. En pareil cas, on les remplacera par des torches électriques non fluorescentes. On récitera la bénédiction en les allumant
Pour plus de détails, concernant les médecins, les infirmières et les salles d'attente, on consultera la note 25 du chapitre 3, dans le texte hébraïque.

Pour les étudiants
14. Un étudiant, ne résidant pas chez lui et possédant une pièce indépendante, selon la définition précédemment donnée, y allumera les bougies, même s'il n'y prend pas ses repas.
15. Si cette pièce n'est pas indépendante, selon la même définition et que l'étudiant consomme sa propre nourriture, il donnera une participation financière, afin de s'associer à l'allumage du maître de maison. S'il consomme la nourriture de ce dernier, il est considéré comme membre de sa famille et n'a donc pas besoin d'allumer les bougies indépendamment.
16. Des jeunes filles partageant un appartement et y prenant le repas du vendredi soir doivent toutes allumer leurs bougies à la table du Shabbat. Si elles dorment uniquement dans cet appartement, mais prennent leur repas dans d'autres maisons ou dans un réfectoire, l'une d'entre elles allumera les bougies dans cet appartement, comme on l'a dit au paragraphe 8 et les autres le feront là où elles sont invitées ou bien dans le réfectoire, à la table à laquelle elles prennent leur repas ou bien à proximité de celle-ci.
Des jeunes gens partageant une pièce ou un appartement doivent acheter, tous ensemble, des bougies, que l'un d'entre eux allumera pour le Shabbat.
17. Des élèves de Yechiva qui dorment dans un internat et mangent ensemble dans un réfectoire, doivent charger l'un d'entre eux d'allumer des bougies dans ce réfectoire, pour le compte de tous les élèves.
La lumière restera allumée dans les couloirs, afin que la clarté en parvienne dans les chambres.
18. Les jeunes filles fréquentant un séminaire de formation des enseignantes, qui dorment dans un internat, et prennent leur repas ensemble dans un réfectoire peuvent toutes allumer les bougies du Shabbat dans ce réfectoire, à proximité de l'endroit où elles prennent leur repas.

Dans une colonie de vacances
19. Lorsqu'un couple dirige une colonie de vacances pour petits garçons, la femme allumera les bougies du Shabbat, dans le réfectoire, pour le compte de tous les présents. Néanmoins, les chambres à coucher ou les tentes devront, au moins dans une certaine mesure, être éclairées.
Si aucun couple marié n'est présent, un garçon âgé de plus de treize ans allumera deux bougies dans le réfectoire et récitera la bénédiction.
20. Dans une colonie de vacances pour petites filles, celles-ci allumeront toutes les bougies, à proximité de l'endroit où elles prennent leur repas.