Le
livre d'Esther relate comment, grâce au courage d'une jeune
femme juive, Esther, qui était devenue l'épouse
du roi Harachberoch (Assuérus), secondé par son
oncle Mordékhaï et la ferveur des juifs, le peuple
put échapper au plan d'extermination qu'avait ourdi contre
lui Aman. "Les juifs reconnurent et acceptèrent pour
eux, pour leurs descendants et pour tous ceux qui se rallieraient
à eux l'obligation immuable de fêter ces deux jours-là,
suivant la teneur des écrits et à la date fixée
année après année, de commémorer et
de célébrer ces jours de génération
en génération... (Esther, IX : 27, 28).
A la suite de la destruction du premier Temple de Jérusalem,
nombre de juifs immigrèrent vers la Babylone antique
et s'y installèrent. A cette époque l'empire babylonien
rayonnait sur toute la région.
Le Roi de Babylone, Harachberoch (Assuérus) avait pour
Premier Conseiller Aman qui avait en charge toute l'administration
du royaume. Celui-ci avait envers les juifs, qui refusaient
de s'incliner devant nul autre que D., des sentiments peu louables.
Ils faisaient l'objet de nombreuses brimades et discriminations
de sa part.
A l'époque le chef de la communauté juive, était
Mordékhaï, il menait la lutte contre le régime
discriminatoire qui était imposé par Aman aux
juifs. Pour Aman, ce dernier était l'ennemi public numéro
1 qui bravait ses ordres et décrets.
Mordékhaï était le cousin d'Esther. Cette
dernière était d'une beauté incroyable.
Beauté qui ne laissait indifférents ni les juifs
ni autres habitants du royaume. Esther était très
affectée des brimades que subissait son peuple. Un jour,
elle apprit que le Roi recherchait une épouse, et que
pour l'occasion, il avait convié les plus belles femmes
du royaume à venir danser devant lui.
Esther, consciente de sa beauté, décida de participer
au concours et ce, malgré le refus de Mordékhaï.
Elle était persuadée que la seule solution pour
atténuer le malheur de son peuple était de devenir
Reine et épouse de Harachberoche.
Le plan imaginé par Esther fonctionna à merveille.
Le Roi n'eut aucun mal à choisir son épouse. Esther
était la plus belle et la plus gracieuse des femmes qui
se produisirent devant lui.
Depuis qu'Esther était devenue Reine de Babylone, elle
n'hésita pas à intercéder auprès
du Roi pour aider son peuple à vivre mieux dans son exil.
Ces interventions sans cesse répétées irritèrent
au plus haut point Aman, qui y voyait de véritables limitations
à son pouvoir. Dans le même temps Mordékhaï
déjoua un complot contre le roi sans que celui-ci ne
l'apprenne.
Aman voyant son influence auprès du Roi décroître
entreprit une véritable politique d'extermination des
juifs vivants dans toutes les provinces du royaume. Il arrêta
plusieurs fois Mordékhaï et le jeta en prison. Mais
à chaque fois Esther jouait de son influence auprès
du Roi et obtenait l'annulation des décrets pris par
Aman.
Excédés, Aman et ses collaborateurs envisagèrent
de procéder à l'extermination de tous les juifs
du royaume et de pendre Mordékhaï. Mais ce projet
arriva jusqu'aux oreilles de quelques compagnons de Mordekhai
qui, une fois averti, partit prévenir Esther.
La Reine comprit immédiatement qu'il fallait en finir
avec Aman. Elle demanda à tous les juifs d'observer un
jeûne de trois jours pour exprimer leur ferveur à
D.. Elle organisa un festin ou elle invita le roi et son conseiller
Aman. Le roi ne pouvant trouver le sommeil par la suite demanda
lecture des annales du royaume. Il apprit alors que Mordekhai
lui avait sauvé la vie. Il demanda alors si ce citoyen
si bienveillant envers lui avait été récompensé.
Il apprit que non seulement rien n'avait été fait
pour Mordekhai, mais qu'en plus celui-ci devait être pendu
le jour de l'extermination des juifs. Le Roi surprit Aman dans
la cour du palais. Il lui demanda ce qu'il convenait de faire
pour honorer le plus loyal de ses sujets. Aman pensant qu'il
s'agissait de lui, indiqua que le seul honneur digne d'un tel
exemple fût de le traiter comme un prince. Le roi lui
demanda également ce qu'il devait faire pour punir quelqu'un
qui voudrait attenter à sa vie. Sans hésiter il
lui dit que la potence dressé sur la place de la ville
serait un juste châtiment. Le roi l'écouta. Alors
qu'il devait être pendu sur la potence dressé la
veille par les sbires d'Aman, Mordekhai fut habillé des
plus beaux atours du roi et parada sur son cheval pendant qu'Aman
fût pendu et sa descendance et ses complices massacrés.
Une nouvelle ère de paix et de prospérité
commença alors pour les juifs de Babylone.
La fête de Pourim est le 14 Adar, et est précédée
la veille, du jeûne d'Esther, en souvenir des trois jours
de jeûne observés par Esther et tous les juifs
avant que cette dernière n'aille demander grâce
au roi pour son peuple. A l'issue du jeûne, après
l'office du soir, on lit à la synagogue le livre ou le
rouleau d'Esther (mégilat Esther), lecture renouvelée
le lendemain matin. Au nom exécré de Aman les
enfants agitent leusr crécelles et font du bruit.
Il est d'usage d'envoyer, le 14 Adar de menus cadeaux aux proches
et aux pauvres : "C'est pourquoi les juifs (...) font du
quatorzième jour du mois d'Adar un jour de joie, de festin,
un jour de fête, et s'envoient réciproquement des
cadeaux. (Esther, IX, XIX).
Pourim, qui signifie "sort" est la fête du
renversement : renversement de situation pour les juifs, inversion
de l'ordre ordinaire lorsque Aman, le puissant conseiller, est
contraint de faire honneur au simple juif Mardoshé, en
le promenant vêtu des plus beaux atours du roi; celui
qui devait être tué est honoré (Mardoshé),
celui qui devait être honoré (Aman) est tué.
Ainsi, se sont installés des usages conformes à
l'esprit de cette fête ( jeux de hasard, déguisements,
etc...). On se départit du sérieux habituel, et
on prend même le contrepied de certaines habitudes : dans
un passage du traité talmudique Méguila, il est
conseillé de s'énivrer jusqu'à ne plus
savoir si on est en train de bénir Mardoshé ou
de maudire Aman.